Ce blog a vocation à faire connaitre les actions et les réflexions des Radicaux de Gauche du pays creillois, et à offrir une tribune aux associations oeuvrant à une République fraternelle.
Paru dans le Fil Radical n°4
Six élus du conseil municipal de Nogent, dont le maire Jean-François Dardenne et Sofiane Elhamouyi président de l'association « Nogent-Aida » accompagnés de Fernand Tuihl, président de l’association nationale des villes jumelées avec des camps palestiniens, se sont rendus dans le camp d’Aïda en Cisjordanie, du 25 au 29 septembre 2009.
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L'accueil réservé aux français par le maire et de nombreux habitants d'Aïda était chaleureux. Chacun se trouvait heureux d'être ici, ensemble. Tout au long du séjour, des palestiniens sont venus saluer, offrir des petits cadeaux, inviter les français à partager un repas. Tant de générosité fraternelle a procuré d'intenses moments de partage, et de fortes émotions aux membres le la délégation.
La situation des 5000 habitants du camp est très précaire. Il est surplombé du « mur de protection », autrement appelé le mur de la honte. La construction est monumentale, elle s'étend à perte de vue, sur une hauteur de 10 mètres, comme pour signifier que l'horizon est bouché pour les palestiniens. Nul ne peut quitter ou entrer dans le camp sans passer le filtre d’un « check point ». Des tireurs d'élite israéliens perchés sur des miradors, observent en permanence les allées et venues de la population. A chaque instant les gens vivent sous la pression des militaires à l'affût de mouvements suspects.
Valérie Lefèvre conseillère municipale à Nogent, était invitée à séjourner chez un membre de la délégation palestinienne. Son épouse lui confia que son neveu de 10 ans avait été tué par un tir. L'erreur de cet enfant fut de « jouer à la guerre » avec une arme factice, dans la cour de ses parents. Le tireur avec sa lunette sophistiquée n'aurait pas distingué que l'enfant jouait !?
Ce genre de drame n'est hélas pas isolé : tous les jours des erreurs d'appréciation, des dommages collatéraux se produisent. La population est « enfermée » dans un camp, cernée par des hommes en armes n'hésitant pas à tirer. Des impacts de balles sont visibles sur toutes les maisons jusque sur les murs des chambres et salons des habitations.
Pour autant les palestiniens ne renoncent pas. Ils se battent pour obtenir des conditions de vie descentes. L'accès à l'eau potable est difficile. Les autorités israéliennes livrent deux fois par mois deux citernes plantées en plein soleil.Pour aller à l'école les enfants doivent se rendre dans le camp voisin de Bedjla. Une petite école primaire accueille plus de 800 élèves pour une trentaine de professeurs. Cette école mixte met un point d'honneur à accueillir tous les enfants qui se présentent et les classes assument jusqu'à 55 élèves !
C'est dans le cadre de l'éducation et de l'accès aux formations que s'inscrira le jumelage de Nogent avec le camp. Il a pour ambition un projet de création d'une école primaire à Aïda. Les espaces dédiés à l'éducation sont très restreints. Les financements sont quasi inexistants. . L'accès aux formations professionnelles et aux études supérieures est presque impossible
pour un jeune palestinien vivant dans les camps. Le jumelage aura pour vocation de soutenir, d'apporter des savoirs faire, de trouver des pistes de financements afin d'ouvrir l'accès aux études et à la formation aux jeunes
photo :la délégation nogentaise et la délégation d’Aida
Évidement ce genre d'action a mauvaise presse auprès des autorités israéliennes. Aussi, la délégation française a été contrôlée et surveillée plus que tout autre groupe de touristes européen. Pour exemple: lors de la visite de l'esplanade des mosquées deux agents des services secrets israéliens exerçaient une filature loin d'être secrète, ce qui n'a pas impressionné Jean François Dardenne et l’a poussé a interpeller les deux agents, qui se sont ensuite faits plus discrets. En revanche, au retour la douane israélienne a scrupuleusement fouillé, et confisqué la quasi totalité des présents offerts par l’autorité du camp d’Aida, et les familles palestiniennes. Ce qui n'entamera pas le moral de la délégation, ni celle des palestiniens….
Nous savons que souvent les aspirations des peuples se situent largement au dessus des ambitions politiques des États. Aucun peuple en ce monde ne peut se réjouir d'une situation de guerre ou d'apartheid, comme c'est le cas en Palestine ! L'intérêt d'un tel jumelage est de témoigner de notre solidarité avec les palestiniens, et d'affirmer à l'État Israélien que nous soutenons, et voulons croire qu'une paix durable est possible dans cette région du monde.
Ne nous y trompons pas une paix durable et « solide » ne peut exister que par la volonté de tous. Chaque être humain doit avoir un droit imprescriptible de vivre sans oppression sur la terre qui l'a vu naître.
« Le monde regorge de biens en quantité suffisante pour tous, mai
s pas assez pour la cupidité de chacun. » disait Gandhi.
par Bétina Bouchibi d’après les témoignages de Sofiane Elhamouyi et Valérie Lefèvre
photo: Sofiane Elhamouyi avec le maire d'Aida