La campagne électorale pour le parlement européen a replacé la Turquie au centre des débats, voire des phantasmes et des démagogies… Des prises de positions de Sarkozy contre l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne aux déclarations favorables de Barak Obama,  de l’affirmation sans équivoque des Radicaux au refus catégorique teinte de racisme de l’extrême-Droite, du refus embarrassé de Bayrou à l’acceptation gênée et à 20 ans du PS, tous les partis politiques français divergent et s’opposent  sur l’Europe avec ou sans la Turquie.

La Turquie compte 70 millions d’habitants dont un nombre important vit déjà dans le reste du continent. Dans le bassin creillois nous côtoyons tous les jours, à l’école, au travail, dans les assocs et les loisirs des concitoyens d’origine turque. Le fil Radical a voulu connaitre l’opinion sur ce débat passionné de deux militants proches du PRG et très actifs dans leurs communautés. : Bilmez DOGAN, nogentaise, participe à toutes les initiatives de la Maison Franco-Kurde  et Safter KURT, creillois, agit comme secrétaire général de l’association culturelle des Turcs.

Tout d’abord, pour vous,  la Turquie est géographiquement et historiquement en Europe ou non ?

Safter : Même si la Turquie a la plus  grande partie de son territoire en Asie Mineure, elle possède une place centrale entre l’Europe et l’Asie. Historiquement Istanbul, autrefois Byzance, fut la capitale de l’empire romain d’Orient. Aujourd’hui elle est membre de plusieurs organisations européennes : le conseil de l’Europe, l’Eurovision, l’Union Européenne de Football UEFA… Culturellement les liens avec la France et l’Allemagne sont forts et anciens. Le lycée français de Galatassaray fut ouvert sous l’empire ottoman.

Bilmez : Oui, géographiquement et historiquement la Turquie a toujours fait partie intégrante des deux continent l’Europe et l’Asie. La Turquie est déjà très présente sur le marché européen et une grande majorité de ses habitants partagent une culture et une mentalité européennes

Sur le plan individuel êtes-vous favorable à l’adhésion de la Turquie à l’UE ?

Bilmez : Oui et Non à la fois, la Turquie est déjà un pays puissant et moderne tout seul. Sa progression ne dépend pas de l’UE ! Mais c’est certain qu’en devenant membre de l’UE, la Turquie pourra améliorer le niveau de vie des Turcs plus rapidement, développer son économie et harmoniser les droits sociaux sur ceux des pays de l’UE les plus avancés. Cela pourrait permettre surtout de faire évoluer positivement les droits démocratiques pour tous les citoyens quelques soient leurs origines (turcs, kurdes, chaldéens, arméniens, alévis ...)

Safter : Bien sur que OUI ! Déjà près de 3,5 millions de turcs vivent dans les pays de l’UE et la Turquie est plus importante, plus développée que d’autres pays adhérents

Qu’avez-vous pensé des déclarations favorables de Barak Obama à Ankara ?

Safter : D’abord ce qui me réjouit est que sa première visite officielle en Europe soit pour le parlement d’Ankara : c’était un geste politique fort, même s’il n’est pas le premier président US à se déclarer favorable à l’entrée de la Turquie dans l’UE : Bill Clinton l’avait précédé dans cette voie.

Bilmez : je suis d’accord avec Obama sur le fait qu’il faut lever les obstacles culturels entre les turcs et les européens et les barrières de religion entre musulmans et chrétiens d’Europe.

 Comment comprenez-vous le refus catégorique de Sarkozy envers la Turquie ?

Safter : Le comportement de Sarkozy est typiquement politicien et lié à la situation intérieure française. Je crois qu’il a peur qu’un grand pays laïc comme la Turquie entre dans l’UE ! A moins qu’il ne cultive le phantasme que tous les musulmans d’Europe se sentent plus forts avec la Turquie comme membre adhérent….

Bilmez : il est anormal d’être aussi catégorique pour un président, de rejeter les turcs et la Turquie à priori et surtout de nier l’Histoire et la Géographie.

De Villiers et Le Pen ont titré leur bulletin de vote « pour l’Europe sans la Turquie » comment le prenez vous ?

Bilmez : je suis attristée : c’est de la pure discrimination ! Derrière le refus des turcs se câche le refus de l’islam et de tous les musulmans !

Safter : C’est le fonds de commerce des partis d’extrême droite français : si la Turquie était chrétienne, son adhésion ne ferait aucun débat. A l’opposé Michel Rocard avait écrit un livre « Oui à la Turquie »

Comment voyez-vous l’avenir de ce débat ?

Safter : Les jeunes d’origine turque seront de plus en plus présents  sur le plan économique, culturel et politique grâce au niveau d’éducation scolaire et universitaire. Il y a quelques jours une jeune turco-belge de 26 ans présentée par le parti social-chrétien : Mahinur Ozdemir, déjà conseillère municipale de Schaerbeek, a été élue députée de Bruxelles! Elle a prêté serment avec son voile !...L’adhésion est une longue route mais elle aboutira...

Bilmez : çà fait des années qu’on « invente » des prétextes pour reculer l’adhésion. Il est vrai que la Turquie ne parvient pas à régler pacifiquement ses problèmes internes  comme la reconnaissance du peuple kurde et du génocide arménien, mais l’UE a accepté sans débat des états plus pauvres et moins démocratiques comme la Roumanie et la Bulgarie.  Je rappelle que  les femmes turques votent depuis 1931 et les françaises depuis 1945 !

Tôt ou tard la Turquie sera dans l’UE mais cette attente est exaspérante et humiliante, et cela renforce un sentiment de repli national et de refus de l’adhésion à l’UE chez de nombreux turcs.

 LE PRG POUR LA TURQUIE DANS L’UE

Jean-Michel Baylet, président du Parti Radical de gauche (PRG), a estimé que l'intégration de la Turquie dans l'Union européenne était "une priorité si on souhaite que la démocratie se fortifie dans ce grand pays musulman et moderne".
"La position de la France et de l'Allemagne doit évoluer si on ne veut pas que le peuple turc se tourne vers des choix politiques qui l'éloigneraient de nous", soulignant que le PRG s'était prononcé dès 2004 pour une adhésion de la Turquie dans un délai de dix ans". Le PRG s'est également "félicité de la vigueur du courant laïque en Turquie qui a encore démontré sa vivacité en organisant une grande manifestation à Ankara" le 17 mai dernier.
(AFP)PARIS, 18 mai 2009

 ARTICLE PARU DANS LE FIL RADICAL PAYS CREILLOIS N°3
 

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Opinions Radicales

 
LE FIL RADICAL N°3  EST PARU


Le cercle Radical du Pays Creillois a publié le troisième numéro  de son bulletin d'informations "le FIL RADICAL".
Tiré à 3 000 exemplaires, les militants l'ont présenté à la presse locale mi juillet et le  distribuent depuis fin aout sur les marchés de Nogent sur Oise, de Saint Leu d'Esserent, de Montataire et de Creil.  Nous avons adressé un exemplaire à tous les élus des communes du pays (CAC, Pierre Sud Oise et Laincourtois). Nous présenterons tous les articles sur ce blog.
L'accueil des habitants est très positif : nous sommes félicités pour faire paraitre un bulletin de huit pages en dehors des périodes électorales pour faire connaitre nos opinions politiques et rendre compte de nos mandats électifs. Certains articles engendrent des discussions et c'est tant mieux !
A notre connaisance le FIL RADICAL  PAYS CREILLOIS est le premier bulletin politique de la grande agglomération creilloise, les autres partis publient des lettres communales, parfois des journaux départementaux et souvent juste des tracts recto-verso sur un sujet. Nous avons pris le parti de mettre en commun nos réflexions et nos énergies afin de donner corps à l'idée de pays creillois. Le numéro 4 est prévu pour octobre : à vos stylos...Nous sommes preneurs de contributions interessantes...





COUP DE CHAPEAU A CHRISTINE !

Les élus et militants Radicaux du Bassin Creillois tenaient à rendre un vibrant « Coup de Chapeau » à leur collègue clermontoise Christine BORDERIAS-SOLER pour son refus de voter l’augmentation de 20% des indemnités des élus proposée par le Maire de Clermont lors du conseil municipal du 4 juin dernier. 

Christine, syndicaliste et conseillère prud’homale à Beauvais section Industrie, a manifesté son profond désarroi : «  j’accompagne de plus en plus de personnes concernées par des plans de licenciements. Je ne peux pas comprendre, ni approuver cette augmentation de 20%. Dans une période où la population n’a même pas 1% d’augmentation de salaires, je ne me vois pas leur annoncer cette mesure ! » Christine a été suivie par une élue communiste et un élu de Lutte Ouvrière.

 

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